Henri Matisse

Henri Matisse

Henri Matisse est né le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis, dans le Nord, un territoire de métiers à tisser et de tissus d’exception.

Ses jeunes années et la volonté paternelle le dirigent vers une carrière dans le droit, à laquelle une convalescence prolongée après une crise d’appendicite porte un coup fatal. Alité, il découvre grâce à la boîte de peinture que lui donne sa mère pour s’occuper, l’art de manier les couleurs.

 

La révélation est telle qu’il va rapidement suivre des cours de dessin à Saint-Quentin, avant et après ses heures de travail comme clerc d’avoué, et décide de quitter sa région en 1891 pour s’installer à Paris et y suivre une formation artistique ; il y rejoint plusieurs ateliers.

 

Celui de Gustave Moreau, dont il fait partie de 1892 à 1898, laissera une empreinte décisive. Le maître voit, comprend et encourage le talent de son élève.

 

Ces années fondatrices sont aussi pour l’artiste le début des voyages, seul ou plus tard en famille, destinés à accompagner et nourrir son art : la Bretagne, dès 1895, puis Londres, la Corse, Toulouse, Collioure, l’Algérie, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, le Maroc, la Côte d’Azur, Étretat, les Etats-Unis d’Amérique, Tahiti.

 

Sa peinture attire rapidement, dès 1896, l’intérêt de l’État, des salons artistiques et des critiques d’art, souvent de manière agressive tant elle est l’incarnation de la modernité.  Ce n’est qu’à partir de 1908 que les expositions de ses œuvres à l’étranger lui apportent de nouveaux acheteurs, collectionneurs américains ou russes aisés et à l’œil aiguisé.

 

Serge Chtchoukine, industriel moscovite dans le commerce du tissu, lui commande alors deux œuvres monumentales pour décorer son hôtel particulier. C’est ainsi que Matisse découvre Moscou en 1911 tandis qu’il y séjourne pour participer à l’installation de « La Danse » et « La Musique », dans la résidence son client.

 

L’artiste décide de partir pour Nice en décembre 1917. Il y trouve une nouvelle lumière.

 

Cette ville deviendra pour lui un lieu de vie au long cours dès 1918 et s’y ouvre une décennie de créations picturales où les scènes d’intérieur se multiplient, mêlant « odalisques », objets ramenés de voyages, et textiles variés.

 

Un voyage de six mois, en 1930, qui le mène de New York à Tahiti procure à Matisse le recul dont il ressentait le besoin. Son étape américaine lui apporte une nouvelle commande, et une occasion renouvelée de travailler à une œuvre décorative monumentale, pour la Fondation d’Alfred Barnes, grand collectionneur de longue date de l’artiste : le thème de la danse s’impose à nouveau.

 

De retour en France, et jusqu’à la seconde guerre mondiale, l’artiste se déploie dans une période de création foisonnante où les souvenirs de Tahiti ressurgissent, une nouvelle aide d’atelier et modèle - Lydia Delectorskaya - travaille à ses côtés, et un projet de conception des décors et costumes pour le ballet de Massine « Rouge et noir (L’Étrange farandole) l’incite à utiliser une nouvelle technique de création. Il se met à travailler avec des papiers préalablement gouachés puis découpés, pour faire évoluer ses maquettes avec plus de liberté.

 

En 1941, Matisse doit subir une grave intervention chirurgicale à laquelle il survit miraculeusement. Après une longue convalescence, c’est une véritable « seconde vie » créative inespérée qui s’offre à lui.

 

Le dessin occupe alors une place primordiale, et aboutit à l’illustration de nombreux ouvrages.

 

Il retourne dès 1943 à l’usage des papiers gouachés, découpés et collés sur une série de maquettes évoquant ses souvenirs d’enfance et de voyages.

 

Cette technique devient alors composition artistique.

 

Ces maquettes sont publiées en 1947 par l’éditeur Tériade, sous le titre « Jazz », que le public continue à ce jour d’encenser.

 

Il diversifie sans fin ses domaines de création, et accepte des commandes pour la fabrication de foulards en soie et de tapisseries, poursuivant ainsi son lien de longue date au textile et au tissage.

 

Il se lance aussi en 1948 dans le projet de création d’une chapelle, pour la communauté des sœurs dominicaines de Vence, idée dont Sœur Jacques-Marie, ancienne infirmière et modèle de l’artiste entrée dans les ordres, est à l’origine. Impliqué dans ce projet « total » jusqu’en 1951, pour lequel il crée vitraux, céramiques, meubles et accessoires liturgiques.

 

Familier des œuvres monumentales, il s’y adonne à nouveau à partir de 1952, et jusqu’à sa mort, au moyen de ses papiers gouachés, découpés et collés, pour créer des compositions gigantesques telles que « La Tristesse du roi », « La Piscine » et « La Perruche et la sirène », qui décorent un temps son propre appartement de Nice.

 

Le musée Matisse du Cateau-Cambrésis, sa ville de naissance, auquel l’artiste a directement contribué en donnant une sélection d’œuvres faite par ses soins, est inauguré le 8 novembre 1953.

 

Il renouvelle ensuite son geste à destination de la ville de Nice, en vue de la création d’un autre musée consacré à son œuvre dans cette ville qu’il habite, par alternance, depuis plusieurs décennies. Ce musée sera finalement ouvert au public en 1963.

 

Henri Matisse décède à Nice le 3 novembre 1954 et repose au cimetière de Cimiez.

 

©Succession H. Matisse